Diplomatique et tutti frutti

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mercredi 8 décembre 2010

In extremis


Ne voulant pas biaiser l’avis du jury en faisant concourir à ma place mes charmants bambins (mais gardant néanmoins l’idée de leur faire dessiner ce que peut être “les archives”), je livre quelques heures avant la limite ma contribution au jeu (mais quand des chocolats sont en jeu, il ne peut pas être plus sérieux) lancé par le duo de charme d'Archivesonline.
Voici :
archivio_concours.png

Comme vous l’aurez tous reconnu, il s’agit de la main de l’archiviste, qui, placé sous les auspices du contrôle scientifique et technique (symbolisé évidemment par la règle (de droit)) et de la conservation préventive (identifiable par son seyant manteau de papier bulle), révèle les métadonnées du fonds au reste du monde (le dossier ouvert étant là, comme de bien entendu, pour évoquer justement cette vocation d’ouverture à tous les publics des services d’archives).

samedi 4 décembre 2010

Sessions de l'après-midi...


Ne comptez pas sur moi, voyez le fil twitter #glamwiki, j'ai l'impression que le moment clé fut une empoignade verbale autour du lecteur vidéo de l'INA et son incompatibilité avec WP.

Session #7 : métadonnées


Excellente remarque d'Andrea Zianni, qui résume bien des choses : Les bibliothécaires (et les archivistes) sont obsédés par les métadonnées tout comme les wikipédiens sont obsédés par les questions de droits.

Sinon c'est amusant de voir Gautier Poupeau en costume-cravate, quand on l'a connu dans un autre contexte...

Session #6 : éclats de silex


Le régime de la réutilisation et ses difficultés d'articulation.

Pas de domaine public à l'état pur en France
Licence IP : certes, mais pour un périmètre restreint (remarque perfide de l'archiviste : les dossiers d'audience y seront-ils soumis...?)
Un même document sous plusieurs licences non compatibles directement entre elles.


Je repense à ces lecteurs, qui enquêtent sur leur historie familiale, parfois dans des périodes troubles, et qui souhaitent "corriger" les documents les concernant, car ils seraient "erronés"...

Session #6 : suite


Sujet : Le droit doit-il suivre les évolutions de la société ?

Vous avez deux heures...

Session #6 : CC


Creative Commons...

En théorie, domaine public = libre de droits
nouvelles enclosures : par intégration dans bases de données
paradoxe : versions numériques d'œuvres dans le domaine public n'y sont pas

Ma voisine et moi regrettons que les réflexions juridiques sur les licences, bien qu'importantes et intéressantes, prennent toujours comme point de départ implicite l'œuvre d'art tombée dans le domaine public.
Quid des documents d'archives ? Pas de droit d'auteur, statut juridique incertain (sans parler de réutilisation, franchement, qui en est propriétaire ?...), etc.
Evidemment, je conserve toujours des réserves quant à la possibilité libre d'usage commercial : sans tenir compte de l'aspect financier, le pb rappelé hier est celui des données nominatives (et en plus, les élus, en général, sont frileux sur ce point, alors qu'ils n'ont rien contre la liberté (et la gratuité) des réutilisations non-commerciales ou "justifiées" (scientifiques, pédagogiques, patrimoniales, associatives...). Cela dit, ça ne concerne qu'une partie des documents que nous conservons...
Réflexion en cours chez moi : quelle licence pour les instruments de recherche > futures métadonnées en ligne > futures moissons OAI.

Session #5 : suite



La BnF découvre la correction collaborative... Même si je salue le prix reçu ces derniers jours par mon confrère du Cantal, ça fait combien de temps que l'indexation collaborative de textes manuscrits existent ? Et a-t-on besoin d'une océrisation systématique ? Je suis surpris par ailleurs des chiffres : la BnF n'accepte que les documents avec un taux d'erreur inférieur à 40 % ; quand je pense que dans notre cahier des charges numérisation des instruments de recherche, nous avions opté pour une exigence de qualité supérieure à 90 (je me demande même si je n'avais pas tranché pour 99) %. Bon, ce n'est pas la même quantité, certes...

Abordé aussi un point critique : la récupération des données de Wikisource vers Gallica.

Session #5 : intro


C'est reparti... présentation du partenariat BnF/WP

En passant : encore l'accent sur la nécessité pour WP d'avoir grâce aux partenariats des contenus riches, ou pour mieux dire, des illustrations riches. C'est peut-être un point sur lequel les archives sont en décalage : un document écrit, sauf exceptionnel et/ou très bien contextualisé, c'est pas sexy.


vendredi 3 décembre 2010

Diplomatique mafieuse

Regarder le Parrain est un bon moyen de se replonger dans l’atmosphère médiévale, me disait un vieil ami d’Oxford.
Sans m’engager dans une longue discussion sur l’anachronisme d’une telle comparaison en général — non, les seigneurs n’étaient pas des brigands, mais oui, ils étaient violents, mais non, la féodalité, ce n’était pas l’anarchie — je voudrais plutôt ici porter l’attention sur un aspect méconnu de cet écho féodo-mafieux : l’usage de l’écrit.
Cela peut apparaître paradoxal. On pense en effet aux entreprises criminelles plutôt comme à des sociétés de l’oral — enfin, du silence. De même pour la société seigneuriale, qui s’expose en gestes et en paroles plutôt qu’en écrit. Et pourtant…
Les historiens des sociétés méridionales ont mis en exergue l’importance des serments écrits et des contrats “féodaux”, les convenientiae. Au point d’en faire un élément constitutif de la particularité de ces régions méditerranéennes, et d’y lire justement la naissance, brusque et violente, de la “féodalité”. En oubliant que des conventions, on en trouve aussi dans les sources de la France du Nord ou de l’Angleterre, par exemple, et qu’opposer des sociétés de l’écrit (parce que cultivant leur héritage “romain”) et des sociétés du geste ou rituel est peut-être négliger l‘imbrication de ce qui se dit, ce qui s’écrit, et ce qui se fait — et, point crucial pour le médiéviste qui arrive mille ans plus tard, comment on le voit et comment on l’écrit.
Jetons un œil aux documents saisis par la police italienne lors de l’arrestation du ‘parrain‘ Salvatore Lo Piccolo.
Tout d'abord, ce code de conduite, liste des droits et devoirs que ne renierait pas Fulbert de Chartres (bien que certains côté rappelleraient plutôt la milice sans malice de Bernard).
Puis cette liste-répartition des territoires, sorte de registre d’un Philippe Auguste sicilien.
Ensuite viennent les explications sur le fonctionnement de l’organisation, telle une charte d’(af)franchise communale.
Enfin, pour la fine bouche, considérons que la conservation de ces documents, dans je ne sais quelle cache, malgré leur sensibilité, vaut bien l’archa médiévale... On ne dit pas, malheureusement, si le chirographe était encore en usage. Flûte.

Session #4


Je ne dirais pas grand-chose de la dernière session de l'après-midi, que je n'ai pu suivre jusqu'au bout du fait d'autres obligations professionnelles. La suite, demain...

Session #3, bis


La première intervention "toulousaine" est celle du webmestre (MàJ : non, du conservateur Francis Duranthon, j'ai dû avoir une absence... et merci à ma correctrice) du Museum.

Du point de vue du Museum, comme institution culturelle, le partenariat avec WP s'inscrit dans deux enjeux : la conquête des non-publics, la co-construction des savoirs.
Un moyen, ici : montrer ce qui n'est pas exposé (tiens, ça me rappelle la grande vadrouille du Louvre et de Pompidou).

Un point à noter : l'exigence de la meilleure qualité de photo numérique possible, 'professionnelle' autant que possible, pour que ce soit réellement exploitable par le chercheur.
Le thème retenu a été la préhistoire (le Museum de Toulouse a ouvert en 1872 la première galerie au monde dans un musée sur la préhistoire).
Bilan : environ 300 photos. Mais quelques difficultés en cours de chemin : notamment sur la question de la qualité des prises de vue (on ne s'improvise pas photographe), sur les surprises que réservent les réutilisations incontrôlées.
L'enjeu de demain : les modélisations 3D...


Les Archives municipales présentent ensuite leur contribution au partenariat, la numérisation du fonds Trutat, en insistant sur l'enjeu-clé des métadonnées. Et en rappelant aussi qu'elles n'ont pas attendu WP pour numériser et mettre en ligne...

Session #3


Mes notes sur la session de l'après-midi, très intéressante, sur le partenariat entre Wikimedia France et Toulouse, sont un peu décousues, je ferais une synthèse plus tard. Et je vais manquer une partie de la suite (autres obligations imposent...)

Session #2 : Londres


Un wikipédien en résidence au British Museum. Toujours la même idée : WP a besoin de l'expertise, les institutions culturelles du 'global access'.
'The content in WP is more viewed than your own website'


Je ne suis pas un commentateur impartial : j'adore le BM, WP ou pas...

Session #2 : cartes


Présentation d'OpenStreetMap. Noter les idées de projet de cartographie historique. Mais le problème viendra, à mon sens, des difficultés à géolocaliser les cartes anciennes (celles qui deviennent vraiment intéressantes : sans remonter à la Hereford Map..., les plans terriers des XVIIe-XVIIIe).


Session #2 : Pays-Bas


Faudra que je m'habitue, je suis un acteur du 'GLAM-world'...

Les GLAMs (Galleries, Libraries, Archives, Museums) ont des points forts : l'expertise (connaissance, préservation), la qualité de la médiation auprès du public (local). Des points faibles aussi (une ombre plane...) : le marketing, le monoculturalisme / monoliguisme, le décalage par rapport à l'âge numérique. Cela dit, les présentations de partenariat donnent envie d'y aller. On verra qui seront les premières AD wikicompatibles...

(Note en passant : l'avantage des colloques de geeks, c'est que les présentations sont courtes, claires et dynamiques. Par contre il y a un côté 'nombriliste' à se refaire le match, en direct, sur twitter)
Cas intéressant : musée néerlandais sur les anciennes colonies d'Indonésie. Il vaut mieux partager via wiki, que prévoir une restitution à la coréenne...

Mot d'ordre que je ne renierais pas : le fun motive.



PS : oui, je sais, mes notes sont de plus en plus décousues, et sans avoir eu l'intervenant sous les yeux, le lecteur n'y comprend plus rien. Prenons tout ceci comme une expérimentation passagère...

Session #2 : Allemagne


Les Archives fédérales débarquent !

Points critiques pour partenariat : la licence (wiki permet usage commercial, ce à quoi rechignaient les archivistes, donc chasse aux images acceptables pour passer en CC-BY-SA...) ; taille de l'image (que les Bundesarchiv ont limité à 800 pixels dans la dimension la plus grande, bizarrement).
Un des axes : 'Authority File Matching' - donc les métadonnées, encore et toujours.
Revers de la médaille : trop de demandes auprès des Bundesarchiv, débordées, pb revenus (pour cas hors CC ; mais moins que prévu, et puis sans affectation aux BA), pb avec des images dont les droits n'étaient pas assurés.

Session #2 : Chili


Projet, ancien (1946), d'une Enciclopedia Chilena, par bibliothèque nationale.
Inachevée... (c'était prévu pour 1964, mais annulé en 1971).
Les dossiers (+3500 articles) sont redécouverts en 2003 (aux archives !), donc projet de mise en ligne (notamment sur folklore).
Objectif : diffusion, formation de communautés avec objectif commun du partage du savoir (c'est un leitmotiv ce matin : wiki et patrimoniaux partagent les mêmes buts).
Projet-pilote sur wikisource. Notes scannées, océrisées. Aussi sur wikicommons (pour l'accueil des versions images). Pas de suite pour le projet pilote, mais Bibliothèque nationale, satisfaite de l'expérience, lance projet sur anniversaire de l'indépendance, et corpus législatif ancien.
Intéressant : notes ajoutées au texte scannée, par experts, pour expliciter contexte. C'est la valeur ajoutée que peuvent apporter les "professionnels", archivistes, etc. - ce n'est pas en mettant en ligne, simplement, qu'on fait avancer le schmilblick (remarque à lire à l'aune des débats franco-français actuels, sur la réutilisation, ou la place du conservateur comme chercheur... ou comme expert).

Session #2 : Argentine


Archives de la téléradio argentine, avec l'enjeu des droits...

Et aussi problème des supports audiovisuels à faire migrer (un autre de mes prochains chantiers).
Double projet : diffuser ce que les archives de la télé conserve, mais aussi encourager le public à faire de même.
Mais un problème : les droits d'auteur, copyright de 50 ans pour les programmes audiovisuels.
Diffusion du premier programme radio argentin (1920).
Idem pour discours du président élu en 1983, parce que les documents concernant la présidence sont dans le domaine public.
Illustration de la méthode suivie : rechercher les exceptions à la loi sur le copyright.
La téléradio argentine a publié sous CC-BY-SA un coffret de DVD, il n'y aura pas de pb de droits à terme.
Projets futurs pour inciter chaînes éducative et enfantine à "libérer" leurs contenus.

Session #2 (1)


Suite de la matinée : partenariats dans "le reste du monde" (et en France aussi, en fait).

Projet "MH" : ou comment les wikipédiens s'y prennent pour monter un projet, et chercher des partenariats. Présentation pleine de petits dessins amusants (la critique des diaporamas des intervenants est un des sujets récurrents sur le fil twitter de la journée). La base Mérimée à l'honneur... mais ce serait bien si elle pouvait être corrigée (je simplifie outrageusement le propos). Au fond, objectif d'une mutualisation, d'un retour des informations d'un côté et de l'autre.

Je ne peux pas m'empêcher de penser quand même que, dans l'esprit de certains participants, côté WP, l'un des sous-entendus de la journée rejoint, malgré tout, et malgré une déférence (terme par défaut) vers le secteur patrimonial (mais en raison d'une défiance, par principe, de ce qui vient de l'administration), les propos d'Ory-Lavollée, sur le fait que les institutions culturelles seules, sont incompétentes à gérer des bases de données en ligne. (Note en passant : je trouve que le même Ory-Lavollée, dans son récent entretien à la Gazette des communes, dresse le portrait-robot de l'archiviste en voulant dessiner celui du 'manager' ès réutilisation).
Question (perfide) sur le copyright MCC des photos anciennes de la base Mérimée, pour finir...

Session #1


La première session est consacrée à la présentation de la galaxie Wiki(p/m)edia.

L'association Wikimedia France se présente d'abord... par la voix de sa jeune présidente.

Puis Wikipedia et sa galaxie. Florence Devouard fait des clins d'œil (involontaires ?) aux Eco-archivistes ex-cartophiles. Au fil de l'eau : “Les livres, encyclopédies, documents archives sont des représentations figées, biaisées ; (vs) le dynamisme, la variété des wikimédiens.

Les projets Wikimedia Foundation, présentés par le directeur adjoint, allemand, en anglais, comme il se doit (je note en passant qu'il s'agit du premier colloque depuis un certain temps auquel j'assiste 1) sans participer, et 2) où la langue majoritaire est le français).
Retour sur le partenariat avec le BM. En passant, mention des impressions à la demande de collections d'articles... dont un livre sur les espèces (animales), révisé par un expert, "someone who knows what he's talking about". Curieuse expression dans la bouche d'un wikipédien (je titille...). Mot-clé : l'"experience" (en anglais dans le texte), offerte par les biens patrimoniaux, vers le grand/jeune public, via Wikimedia.

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